Compétition

     Il y a deux ans mon prof (de Kung-fu) nous a emmenés voir une compétion à laquelle participaient ses amis. Après un laborieux trajet jusqu’à l’université de Jiu-jistsu de Pékin, perdu loin à la périphérie, nous avons été dispensés des 200 yuans du ticket d’entrée et nous avons assisté à un spectacle qui valait le déplacement. En fait il s’agissait plus de combats destinés à montrer différents types d’arts martiaux que d’une compétition en règle, mais le spectacle et l’intérêt du public étaient là.

    Pendant deux heures, douze combats ont opposé 24 sportifs, dont quelques Coréens, Japonais, un Canadien et un Italien. Le résultat est plutôt impressionnant même si, pauvres profanes du wushu (arts martiaux en chinois) que nous sommes, nous sommes souvent restés dans l’incompréhension face aux décisions de l’arbitre.

Les différentes postures


L’intérêt des postures est multiple :

-Renforcer les muscles, os et articulations des jambes (et même le reste du corps) afin de frapper et d’être frappé sans blessure.
-Permettre des déplacements rapides dans toutes les directions, en exposant le moins possible ses points vitaux.
-Mettre le corps dans des positions optimales pour enchaîner les techniques offensives et défensives.
-Forger la volonté en tenant longtemps la même posture.

Voir la vidéo des différentes postures sur ce lien:Les différentes postures

Les différents coups


Le coup est majoritairement porté de la main (ouverte ou fermée) ou du pied. Un coup de poing pour être efficace doit être lancé par un mouvement de rotation de jambes. Le pied, puis la hanche tournent, donnant de la vitesse et donc de la puissance au bras qui terminera le mouvement. Le coup de poing « de base » des boxes chinoises est appelé le Ming chuen, c’est-à-dire un direct lancé poing fermé, paume vers le haut et finit poing fermé paume vers le bas. On l’appelle aussi «coup de poing vrillé ». Ainsi le poing passe à travers toutes les positions de mains depuis la frappe basse au bas-ventre jusqu’à la frappe haute au visage en passant par la frappe courte modifiable en uppercut avec l’avancée du poing. Ce simple basique contient presque toute la complexité des arts du poing de Chine. On distingue plusieurs type de frappes de mains :
-le poing simple (associé au Feu)
-l’« œil du phœnix », poing fermé, frappe avec la deuxième phalange de l’index en avant soutenue par le pouce. Pour les frappes précises, demande une certaine maîtrise.
-la « patte de léopard », paume ouverte, pouce fermé et les deux premières phalanges de la main fermées. Utile pour les piques, les paumes et les saisies (associées au Bois).
-la griffe du Tigre, paumes en avant, doigts crispés pour saisir et griffer (élément Bois).
-la paume (associé a la Terre).
-le tranchant (associé au Métal).
-la pique (associé a l’Eau).
-le poignet, avec la main repliée.
-et d’autres plus spécialisés encore…

Le Qi


La notion de « qi » ou « chi » est le souffle ou force vitale prétendue animer tous les êtres vivants. Cette notion est abordé dans la plupart des arts martiaux chinois. Les styles internes (neijia) sont réputés pour l’utiliser de manière différente des styles externes. Le qi d’une personne peut être amélioré et renforcé à travers la pratique régulière de divers exercices mentaux et physiques, connus comme qi gong. Bien que le qi gong ne soit pas un art martial, il est souvent intégré aux arts martiaux chinois traditionnels, et vise l’entrainement et l’amélioration des capacités internes du pratiquant.
L’usage du souffle qi est envisagé de nombreuses manières : il peut servir par exemple à soigner d’autres personnes ou soi-même, d’après les enseignements du qi gong médical. Certains styles enseignent que le qi peut être concentré à certains point de son propre corps pour améliorer une attaque, ou bien que les attaques doivent viser certains points vitaux liés à la circulation du qi.

Chronologie des évenements marquants

Origines
Les origines du wushu remontent à la préhistoire, quand les ancêtres utilisaient la pierre et le bois pour chasser, à la fois pour survivre et pour se défendre contre les animaux féroces et les serpents venimeux. Dans les conflits tribaux, ils se servaient de leurs outils de production comme des armes de guerre. L’expérience de la guerre leur a appris que pour dominer son adversaire il ne suffit d’avoir de bonnes armes, il faut être en bonne condition physique et améliorer ses techniques de combat par un entraînement intensif en temps de paix.

Pendant la dynastie Zhou (11e siècle – 256 BC) une sorte de lutte appelée jiaoli était considérée comme un sport militaire au même titre que le tire à l’arc et les courses de chariots.

La période des guerres d’états (403 – 221 BC) ont été la source de nombreuses stratégies révélant l’importance du wushu pour construire une armée forte. En référence au Sunzi, le premier ouvrage chinois sur l’art de la guerre : « la lutte et les exercices de combat renforcent les capacités physiques des soldats ». Parmi les maîtres en épée à l’époque, les femmes n’étaient pas rares. L’une d’elles, Yuenü, fut invitée par l’empereur Goujian pour démontrer ses techniques d’épée, reconnues de très au niveau pendant de nombreuses générations.

Les dynasties Qin (221 – 206 BC et Han (206 BC – 220 AD) ont vu croître des arts martiaux tels que le shoubo (lutte) et le jiaodi lors desquels les participants s’affrontaient avec des cornes sur la tête. Par ailleurs, il existait une danse théâtrale qui mettaient en scène des mouvements préarrangés avec des armes de toutes sortes, comme les sabres et les lances, à l’image des figures de wushu actuelles.

Durant la dynastie Jin (265-439) et les dynasties Sud et Nord (420-581), le wushu se chargea d’une influence Bouddhiste et Taoïste. Ge Hong (284-364), un célèbre médecin et philosophe taoïste, ajouta au wushu le qigong (exercices respiratoires), une branche essentielle de la médecine traditionnelle chinoise. Ses théories de « travail externe et interne » du wushu sont encore universellement reconnues de nos jours.

Le système d’examen de la dynastie Tang (618 – 907) a largement contribué au développement du wushu. En effet, les officiers et soldats devaient passer des tests d’arts martiaux pour être promus. Des titres d’honneur tels que « guerrier du courage » ou encore « guerrier de l’agilité » étaient attribués aux maîtres en wushu.

La dynastie Song (960 – 1279) a vu apparaître une multitude d’écoles de wushu. Pendant cette période, des athlètes effectuaient des acrobaties dans les rues, avec un répertoire allant de « l’épée contre le bouclier » à la « lance contre le bouclier », et des démonstrations avec d’autres armes. A en croire une chronique de la ville de Kaifeng, ces spectacles de rue « attiraient des foules immenses tous les jours, en été ou en hiver, qu’il pleuve ou qu’il vente ».

Pendant la dynastie Ming (1368 – 1644), le wushu prospéra comme jamais auparavant. Qi Jiguang, un général très connu, retranscrit dans un livre 16 styles différents d’exercices à mains nues et 40 autres styles de lance et de bâton, chacun accompagné d’explications et d’illustrations détaillées. Il développa également une série de théories et de méthodes d’entraînement, apportant ainsi une large contribution au wushu.

Pendant la dynastie Qing (1644 – 1911), malgré les ordres impériaux interdisant la pratique populaire du wushu, des écoles et des groupes secrets apparaissaient les uns après les autres pour répandre ce sport. C’est pendant cette période que les écoles de TaiJi, Pigua et « des huits-diagrammes » naquirent.

Depuis la création de la république populaire de chine en 1949, le wushu a été largement soutenu. D’anciennes formes ont été réhabilitées et de nouvelles ont été créées. Les compétitions et démonstrations sont aujourd’hui bien orchestrée, tant au niveau national que régional. Le wushu est intégré à des programmes d’activité physique des enseignements primaire et secondaire.

En 1987, le Kung-Fu fut présenté comme sport de démonstration lors des Jeux Asiatiques de Tokyo, afin d’être reconnu par le Comité Olympique Asiatique, avec l’espoir de tout un peuple (1/4 de la population mondiale) de voir son sport national reconnu un jour par le Comité International Olympique comme discipline olympique. Le Kung-Fu était présent aux Jeux Asiatiques organisés en octobre 1990 à Pékin. C’est à l’occasion de ces Jeux Asiatiques que la Chine organisa le premier Championnat du Monde de Kung-Fu Wushu, auquel participèrent 1200 pratiquants venant de 40 pays différents.

Les Taos


On trouve aussi dans le Kung Fu de très nombreux combats chorégraphiés, appelés Taos (voie), qui opposent le pratiquant à des adversaires imaginaires. Ces séquences, de difficultés variables et constituées d’une dizaine à plusieurs centaines de mouvements, servent à l’entraînement individuel du pratiquant.
Les Taos sont propres à chaque école, à chaque style. Il en existe pour le combat à mains nues comme pour le combat armé. Le maître (appelé ShīFù) tente de le transmettre à son élève en conservant au moins l’essence de l’art.

La naissance du kung fu


Le kung-fu, art martial ancestral chinois, a vu le jour au sein du temple Shaolin au 5ème siècle.
Le père légendaire du kung-fu, BODIDHARMA, est un moine indien qui trouva au sein du temple Shaolin de nouveaux disciples capables de recevoir et de comprendre son enseignement.
Il allia exercices pour fortifier le corps et l’esprit et mouvement issus d’une vielle boxe indienne. Le wushu venait de naître. Sans cesse exposés au brigandage les moines Shaolin firent de leur technique un véritable art martial qui se transmit de générations en générations.
Les moines du monastère de shaolin obsèrvèrent les animaux et se rendirent compte que la nature les avait dotés de moyens de défense performants. Ils ont donc appliqué les techniques animales à travers les taos.
5 animaux se sont distingués pour leur complémentarité :
· Le singe pour son adresse et son agilité
· L’aigle pour sa rapidité et sa précision
· Le tigre pour la puissance et sa férocité
· Le serpent pour sa souplesse
· Et enfin le dragon qui résume à lui seul toutes ces qualités.
Ces 5 techniques réunies ont donné naissance au plus ancien des styles de Kung-Fu chinois :
Le style du TEMPLE SHAO LING

Wong Shun Leung


Wong Shun Leung est né à Hong-Kong et, comme c’était le fils ainé d’un docteur, il grandit parmi les os brisés, les plaies et les bosses… A huit ans, on pouvait le trouver assis dans un coin d’un cinéma de quartier en train de regarder le dernier film muet de Kung Fu.Il se trouvait que son père était un ami intime de Chan Wah Shan le tout premier instructeur de Ip Man. Son père et son grand père lui racontèrent comment Chan Wah Shan, déjà vieux avait vaincu un jeune combattant de Fat Shan.
C’est peu après que Wong Shun Leung découvrit son hobby : Lutter. On le trouvait toujours en train de combattre à l’époque, et de nombreux amis lui conseillèrent d’apprendre sérieusement le Kung Fu.

Entre 15 et 16 ans, Wong essaya plusieurs écoles de Kung Fu, du Tai Chi Chuan à la boxe occidentale.Il eut toujours de la considération pour la boxe car elle lui paraissait une méthode de combat très adaptée à la rue car les boxeurs apprennent à encaisser dés le début et à attaquer malgré les coups plutôt que de jouer avec les mains de l’adversaire comme le font beaucoup de Kung Fu.

Un jour à 17 ans Wong s’en alla chercher son voisin Law Bing au Kwoon de Ip Man. Quand il arriva, les élèves pratiquaient le Chi Sao. La 1ere impression de Wong fut que cette méthode lui paraissait fort loin d’être utile. Wong commença à la comparer avec la boxe occidentale. Comme on s’y attendait, un des élèves défia Wong. Wong gagna. Ip Man lui demanda s’il voulait se mesurer avec un de ses plus anciens élèves… avec son neveu par exemple. Wong accepta. Cette fois l’adversaire était plus fort mais Wong le maitrisa. Ip Man décida que cela suffisait et qu’il lui fallait, malgré ses 56 ans, lutter contre Wong. La stratégie de Ip Man était beaucoup plus élaborée que celle de Wong et il l’accula dans un coin. Ip Man attaqua Wong, le déstabilisant et contrôlant ses attaques. Wong resta abasourdi de la rapidité et de la force de Ip Man. Il savait qu’il venait de rencontrer un maitre et n’hésita pas une seconde pour lui demander de l’accepter comme élève.

Après avoir termine l’étude complète du système avec Ip Man, il enseigna pour Ip Man au lieu d’aller ouvrir son école comme beaucoup, ce qui fit de lui celui qui resta le plus longtemps avec Ip Man et eut ainsi la possibilité d’apprendre en profondeur les concepts et théories du Wing Chun, et d’absorber tout ce que son sifu avait à offrir.A la mort de Ip man il aurait pu réclamer sa place de chef d’école, mais il préféra enseigner et laisser son habilité et sa connaissance profonde du Wing Chun parler pour lui.

Ce fut lorsqu’il enseigna pour Ip man, que Bruce Lee devint son élève, d’ailleurs, Lee pria Wong de devenir son tuteur ce que Wong refusa mais Bruce imagina un subterfuge. Avant le cours il s’asseyait d’un air dépité sur les marches devant l’école de Wong et expliqua aux autres élèves que Wong n’était pas là et obtint ainsi des cours privés. Lorsque Wong eut vent de son subterfuge, Lee se présenta au cours suivant avec deux yeux au beurre noire, en fait il avait réussi à avoir sa leçon privée. Ce qui amusa beaucoup les autres élèves.

Wong Shun Leung fut le plus remarquable des maitres de Wing Chun. Il obtint son « grade » là ou on se fait une vraie idée de son niveau….dans les rues. Il fut celui qui mit le Wing Chun sur le devant de la scène en combattant lors de challenges(beimo), avec un support publicitaire efficace, contre des combattants de différents styles, y compris un boxeur russe de 120kg du nom de giko. C’est d’ailleurs pendant cette période que wong introduisit Bruce Lee aux challenges, le coachant et l’encourageant à ne pas abandonner lorsque celui ci semblait découragé. Wong Shun Leung déclara : « Apres avoir appris les concepts du Wing Chun, j’ai souvent eu l’occasion de les tester et en expérimentant ces concepts j’ai pu découvrir mes limites à les appliquer et les comparer avec ceux d’autres disciplines, ce qui me permis d’évoluer.».

Bruce Lee

Bruce Lee né dans le quartier de Chinatown à San Francisco aux États-Unis le 27 novembre 1940 et mort d’un œdème cérébral à Hong Kong en Chine le 20 juillet 1973, est un artiste martial, réalisateur, acteur, producteur, scénariste et philosophe d’origine chinoise. Parallèlement à sa carrière d’acteur, il a créé son propre art martial, le Jeet Kune Do. Il est considéré comme le plus grand maître d’arts martiaux dans le cinéma mondial du XXe siècle.

Joe Saadé


Maître SAADE a été le premier à introduire le Jeet Kune Do en France en 1987, à une époque où la France et l’Europe ne connaissaient pas encore le concept.
Il tient le Vale Tudo (ancêtre du jiu-jitsu brésilien) de son père qui l’a pratiqué pendant plus de 20 ans au Brésil.

Un maître d’arts Martiaux de renommée internationale:
-Ex champion international : 4 titres dont l’Open International d’Australie en 1986,
-7ème degré de JKD (Art de Bruce Lee),
-5ème dan de kung-fu traditionnel,
-Directeur technique national pour le Kung-Fu/JDK de l’IBA (International Budo Association),
-Fondateur de Lee Fight School, de l’AFJKD et de Dojo Do,
-Ex entraîneur de forces d’élite dans 5 pays, dont les forces spéciales françaises.

Elève de Tony ZAYEK (Great Master de Kung-fu et de JKD) ;
Ayant été élève de Bruce Lee en cours particuliers en 1968 et 1969. Préside 2 fédérations internationales, membre fondateur de la fédération Européenne de Wushu, formateur d’instructeurs et d’arbitres internationaux.

octobre 2014
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